Web 2.0 : état des lieux

La notion de Web 2.0 évolue rapidement. Très rapidement même. Au point de rappeller à certains la bulle des années 2000. Mais qu’est ce que le Web 2.0 aujourd’hui ?

On constate qu’en 6 mois, on est passé d’une définition purement technique (Ajax et web services : voir notre précédent billet), à une définition « sociale » du Web 2.0.

Au départ, la notion de Web 2.0, définie par Tim O’Reilly, concernait surtout l’aspect applicatif de ces nouveaux sites web. L’apparition des web services et du langage standardisé XML permettaient de lier entre eux de nombreux services sans nécessiter de grandes compétences techniques. Ainsi, les « pages personnelles » ont laissé la place aux blogs, formidables aggrégateurs de contenus. De même, de nouvelles applications sont apparues, notamment grâce à Google. Plus rapides, plus dynamiques, plus ouvertes, elles ont permis de poser les bases des usages nouveaux que permet le Web 2.0.

Mais le buzz énorme qui entoure actuellement le Web 2.0 et qui recommence à donner des frissons aux investisseurs proviens, lui, de l’aspect social engendré par ces technologies. Les notions de « communauté », de « partage de données » jouent à plein et de nombreux services surfent sur cette vague, sans qu’on sache qui tirera son épingle du jeu au final. De Flickr (pour les photos) en passant par Digg (pour les news), certains ont déjà une longueur d’avance… Mais la liste des prétendants est longue : Airset (social networking), Box.net (stockage et partage de données), BubbleShare (partage de photos), Calendar Hub (Calendriers et contacts partagés), Dogster (Communauté pour… chiens), Goowy (page d’accueil style Netvibes), Kaboodle (partage de liens), Mosuki (partage de calendriers et contacts), NowPublic (même principe que Digg), Popist (social networking), RallyPoint (partage de calendriers et contacts), Riya (partage de photos), Rollyo (aggrégateur de moteurs de recherche), Simpy (social bookmarking), Skobee (social networking), TagCloud (aggregateur de contenu taggés à la Technorati), Tagged (idem), Zoho (traitement de texte en ligne), etc.

N’en jetez plus ! Il suffit de visiter tous ces sites pour se rendre compte rapidement d’une chose très simple : il va y avoir des morts. La plupart se recoupent dans leurs fonctionnalités, leur présentation , leurs arguments et, surtout, reprennent des modèles déjà largement matures et dominés par un leader (Flickr, Technorati, del.icio.us, Netvibes).

De plus, la position même de ces « leaders » du Web 2.0 est très incertaine, avec la bataille de géants que se livrent Google, Yahoo et Microsoft pour acquérir la place de leader du Web. En effet, ces trois mastodontes ont lancé une page d’accueil à la Netvibes et n’ont de cesse d’ajouter des services Web 2.0 à leurs portails.

Plusieurs de ces nouvelles start-ups ont déjà d’ailleurs été englouties dans cette lutte à coups de millions de dollars… Flickr, racheté par Yahoo, Writely, Picasa, Blogger, tous rachetés par Google…

Alors, est-ce (déjà) la fin du Web 2.0 ? Certainement pas, mais on peut cependant affirmer que la plupart des applications de networking sont désormais maîtrisées, quoique leur modèle économique soit encore loin d’être démontré.

Mais il ne faut pas oublier le fondement même du Web 2.0 : la technologie et l’accessibilité. La possibilité d’accéder en ligne à des applications qui concurrencent de plus en plus les applications de bureau (comme le nouveau Yahoo! Mail) laisse encore entrevoir de nombreuses possibilités. L’apparition de normes comme l’Open Document Format qui définit une norme de formatage XML des documents de type Office, laisse entrevoir la fin du leardship total de Microsoft sur la bureautique.

C’est dans ce domaine qu’il reste des choses à inventer et que les technologies les plus avancées (XUL et XAML) se dirigent.

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