Pourquoi les Start-ups n’utilisent-elles jamais Oracle ?

Oracle est la meilleure de base de données du monde. Tout le monde s’accorde pour le dire et il suffit d’en voir une rapide présentation par un expert pour s’en rendre compte. Rapide, robuste, complète et incroyablement bien concue, Oracle reste l’outil ultime de celui qui gère de gros volumes de données.

Mais voilà, les start-ups ne l’utilisent jamais, lui préférant quasi systématiquement ses concurrents open-source, MySQL ou PostGreSQL.

Pour avoir fait l’expérience de tractations avec Oracle dans le cadre de mon travail (où il s’agit de remplacer, éventuellement, MySQL), il est évident que cette société ne prend absolument pas en compte la problématique des sites web, surtout à gros trafic.

Plus habitué à équiper des hôpitaux ou des usines, Oracle axe son offre sur des possibilités d’interconnexion de bases de données, de consolidation, de gestion d’infrastructure. Bref, autant d’arguments qui sont complètement inopérants dans le cadre d’une application web, qui est généralement développée « from scratch ».

Le modèle de vente est également complètement ahurissant quand vous êtes habitué à une base de données gratuite. Je pensais que Microsoft possédait la palme, mais j’ai découvert qu’ils avaient un maitre.

Le principe est simple, tout tourne autour de la base de données Oracle10g, auquel vous devez ensuite ajouter des « plugins » (entre guillemets car, vu les tarifs, le terme est un peu réducteur).

La facturation se fait au processeur. Si vous avez un site à fort trafic, donc avec plus de 4 processeurs, vous devez obligatoirement choisir la base donnée en version Enterprise. Admettons que votre base de donnée tourne sur 3 serveurs biprocesseurs, ce qui vous fait un total de 6 processeurs. Le tarif de la base de donnée est de 31 172 €HT, donc avec 6 processeurs, vous tournerez autour de 187 000 €HT.

Ensuite, pour bénéficier à fond de la technologie Oracle, il vous faut les faire tourner en cluster (répartition de charge entre les différents serveurs). Le « plugin » nécessaire s’appelle RAC (Real Application Cluster) et est vendu au tarif de 15 586 €HT. Encore une fois, c’est par processeur, donc un total de 93 516 € HT pour vos six processeurs.

Vous voilà rendu, avec le strict minimum, à un montant colossal de plus de 280 000 €HT !

Vous vous dites, ouf, c’est fini ? Non, car il faut encore payer le support, 56 000 €HT, soit 20% de la somme investie, par an, et ce à vie !

Et encore, ce n’est que le strict minimum auquel peuvent s’ajouter de multiples « plugins » aux tarifs tout aussi pharaoniques et fonctionnant sur le même principe de facturation par processeur. Si par exemple vous voulez faire du datamining et de la BI (Business Intelligence), ajoutez un bon 40 000 €HT (par processeur).

Alors évidemment, quand deux étudiants ont une idée et la développent au fond d’un garage, ils ont tendance à choisir plus facilement une alternative gratuite.

Et quand vient le temps des investisseurs, qui eux vont exiger Oracle pour des raisons plus politiques que technique, il faudra tout recommencer. Ce qui impliquera de nouveaux coûts, de développement cette fois-ci, car le portage d’une base vers une autre n’a rien d’une intervention anodine et exige beaucoup de debuggage et de benchmarking des performances.

Il me semble regrettable qu’Oracle ne prenne pas en compte cette problématique des start-ups en proposant son produit phare à un tarif abordable pour les acteurs d’Internet, pour qui la notion de processeur est ingérable, en raison du volume énorme de données traitées.

Mais avec des parts de marché en chute libre sur les bases Internet, gageons qu’Oracle trouvera à moyen terme une solution spécifique pour ce type de problématique. En tout cas, tant que la situation restera en l’état, on peut prévoir de beaux jours pour les bases de données libres.

13 commentaires

  1. Mélodie dit :

    Franchement, meme si oracle était était moin chère, dans la plupart des cas, postgre suffit largement !

  2. Danao dit :

    Bonjour,

    Apparemment vous ne connaissez pas la version Express de Oracle 10g.
    Dommage d’avoir perdu 1 heure pour rédiger cet article … :)
    Maintenant faut rédiger un article sur Oracle 10g Express et SQL Server 2005 Express

    Merci

    Danao

  3. netking dit :

    Les limitations de cette version Express sont bien trop importantes pour permettre une mise en production.

  4. Danao dit :

    Je ne suis pas vraiment d’accord.
    MySql a également ses limitations.
    On ne peut pas comparer MySql à Oracle et dire par la suite que la version d’Oracle est limitée.

    Je pense qu’il s’agit d’une bonne continuité : commencer avec la version lite et si besoin est, passer à une version de plus en plus robuste.

    Tout cela pour dire que cette version d’Oracle ne séduira peut être pas toutes les start up mais pourra en aider une grande partie.

  5. netking dit :

    Pour exploiter au quotidien un gros site de rencontres, qui tourne sur 3 serveurs bipro en réplication avec MySQL5, je peux vous garantir qu’il n’y a aucune limitation du soft. Qu’il y ait par contre des limitations techniques, des bugs et des imperfections, certes. J’ai bien précisé dans l’article qu’Oracle est un bien meilleur produit.

    Cependant, la version express que vous mentionnez ne répond pas à la problématique d’un site à forte croissance, parceque le gap entre la version express et la version enterprise est tout simplement gigantesque.

    La plupart des start-ups ont déjà une forte activité de leur sgbd bien avant de faire le tour de table de plus de 2 M€ qui permettra l’acquisition de la version Enterprise.

    Enfin, c’est mon expérience en tout cas…

  6. KX dit :

    Bien sur Oracle est une base de données onéreuse et destiné aux gros systemes et celle-ci n’a pas ete pense pour les start up… est quand meme un peu fort.
    Je concois que des versions express existent pour se familiariser avec les plateformes mais il est vrai qu’elles manquent de fonctionnalites quand les bases hebergees grossissent.
    Neanmoins, je suis surpris de constater que vous ne connaissiez pas mieux sql server 2005 et les services offerts qui s’averent etre moins onereux qu’oracle vu tous les plugins a rajouter.
    Il me semblait aussi que ces editeurs avait des offres PME et je sais que c’est le cas pour SQL server.
    A la vue de votre problematique, je pense donc qu’il serait utile de passer par SQL sever 2005 et que dans une croissance tout aussi grande a Oracle eventuellement.

  7. Pluk dit :

    Vous parlez de problemes de transitions de bases de donnees.
    J’ose esperer que vous avez fait une couche "middle-tier" d’acces a vos donnes.
    Avec une couche d’acces bien pensee, faire une transition de base de donnee ne prend pas plus d’une a 2 semaines tests et deploiment compris.

    Je vous recommende egalement SQL Server 2005 comme une bonne alternative a Oracle pour de gros volumes de donnees.

  8. Guitou dit :

    Moi j’utilise un fichier plat avec des pipes comme séparateur.
    AWK est assez rapide pour faire des recherches dedans, mais je compte passer à Access dès que j’aurais un crack.

  9. Pluk dit :

    LOL Guitou :D
    Au moins ca coute pas cher ;-)

  10. winnie dit :

    Danao,

    Concernant la version Express d’oracle, on arrive vite a la limite de 4go de données sur un site communautaire à fort traffic. Je ne parle meme pas du 1g de RAM max..

    ———————–
    Pluk,

    Une couche middle-tier; aussi abstractisée qu’elle soit, ne pourra reprendre et adapter des contraintes qui differencient mysql d’oracle. Dans un environnement décisionnel complexe, les 2 semaines me paraissent etonnement courts.

    Par ailleurs, sur quels critères et bench peux tu défendre SQL Server 2005 dans la gestion de gros volumes de données.. On ne peut pas dire que dans les versions anterieures, sql server a su prouver être le plus rapide.

  11. Kx dit :

    Microsoft a fait les efforts necessaires pour que SQL server 2005 soit capable de gerer les gros volumes de données, on doit pouvoir trouver des benchs sur internet (hors ceux des editeurs) qui doivent preciser ca.

  12. Pluk dit :

    Voila un benchmark tout frais …
    http://www.tpc.org/tpch/results/...

    Dans la categorie 100/300/1000Go SQL Server reste devant.
    Dans la categorie 1000/3000Go Oracle domine … a quel point votre BDD est elle grosse ?

  13. krz dit :

    Je pense que pour le support vous avez pris le tarif bas, car pour des entreprises dont les données sont le coeur vital de leur business il est vivement recommandé de prendre la version gold du niveau de support.
    Et là c’est le jackpot pour Oracle, car vos dépenses en support dépassent chaque année le coût de l’investissement initial en licences, sans pour autant prétendre à un véritable niveau de support "Gold" tel qu’on l’entend chez d’autres éditeurs de software ou de fournisseurs hadware (combien de fois mes collègues DBA se sont plaint du support Oracle…).

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