Windows 7 : comment Microsoft aurait pu ne pas en arriver là…

20 décembre 1996 : Apple annonce le rachat de Next Computer. Cette annonce, improbable à une époque où la marque à la pomme est en pleine déconfiture, est pourtant fondatrice. C’est elle qui annonce la création de MacOS X, basé en grande partie sur un noyau Unix.

Pour mémoire, à cette époque, c’est Windows 95 qui règne en maître sur le monde PC. Et Linux, en tant qu’ordinateur de bureau, balbutie encore, avec l’apparition de sa première interface graphique. Le mac quand à lui dispose d’un système plus que vieillissant et s’adaptant mal aux innovations technologiques.

Depuis 3 ans, Microsoft a fait le choix d’une double architecture : NT pour les entreprises et 95 pour le grand public.

A cette époque existait un système d’exploitation révolutionnaire, basé sur Unix et créé par un français émigré dans la Silicon Valley.

Ancien de chez Apple, il était parti pour créer sa propre marque d’ordinateurs, et le système d’exploitation qui allait avec. Un système d’exploitation très avancé pour l’époque, proche d’Unix et capable de gérer plusieurs processeurs en multi-threading.

Apple avait le choix entre racheter BeOS et Next (à Steve Jobs, ironie de l’histoire, alors qu’il avait été viré quelques années plus tôt).

La suite est connue, mais que se serait-il passé si Microsoft avait bougé ses pions et racheté BeOS ?

Microsoft a choisi de continuer avec son architecture Win32, s’engageant dans une grande « réunification » sous la bannière NT, qui donnera naissance à Windows XP. Avant de se rendre compte que gérer les besoins antagonistes d’utilisateurs professionnels et de loisir était durs concilier.

A l’époque, Microsoft avait les moyens de faire un « fresh start », tout autant qu’Apple. Se baser sur une fondation logicielle (Unix) solide lui aurait permis de créer un système vraiment modulaire et non pas des usines à gaz, empilant des milliers de librairies et de fonctions dont on ne se servira jamais.

Mais, déjà ultra-leader et dominateur, Microsoft était le Google de l’époque. Et croyait dur comme fer que sa stratégie serait gagnante.

A l’arrivée, Windows 7 confirme la règle : un système mal fini (quoiqu’en disent les sirènes du marketing), décliné en n éditions, vendu jusqu’à plus de 300€.

Et surtout, on ne vois pas comment Microsoft compte sortir de l’ornière (technologique, pas financière).

Pendant ce temps là, MacOS X se permet des liftings et des milliers de gens se tuent à la tâche (pas aisée) de faire de Linux un système vraiment utilisable par le grand public.

Difficile, en 2009 et avec des milliards de postes installés dans le monde, de « réinventer » Windows.


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7 commentaires

  1. Manuch dit :

    L’idée de ce billet est bonne. Je le trouve personnellement un peu court. Il aurait mérité d’être un peu plus fourni.

    Je suis tout à fait d’accord sur ce point de vue, mais j’irais plus loin. Actuellement, nous avons des systèmes d’exploitation d’ordinateurs personnels qui se ressemblent tous beaucoup. Je vois dans les OS qui sont actuellement développés pour les NetBooks et autres téléphones multi-média une véritable opportunité de revoir la manière d’utiliser ces machines. Car en fin de compte, avec la puissance maintenant disponible, nous devrions enfin pouvoir fournir aux utilisateurs ce qu’ils attendent : pouvoir utiliser les ordinateurs, plutôt que de passer leur temps à les configurer dans tous les sens. Apple, dans sa philosophie, en est assez proche. Mais pourquoi donc conserver des barres des tâches et autres panneaux de configurations lourds alors que l’OS devrait être capable de demander ce dont il a besoin ou proposer des options en fonction de ce que l’on veut faire.

    Mais je dois en demander trop à l’informatique…

  2. Etilem dit :

    > de faire de Linux un système vraiment utilisable par le grand public.

    c’est une plaisanterie ? :)

    avez-vous, par exemple chargé un Ubuntu Karmic Koala Netbook Remix sur un netbook ?

    – est-ce dur à installer ? pff, peanuts ! 6 fenêtres/cliquer suivant maxi

    – est-ce moche ? franchement, c’est plutôt magnifique et bien fini !

    – est-ce utilisable (ergonomiquement) : c’est à vous de voir ! mais très intuitif et simple… Ubuntu et les autres distribs innovent à pas de géant dans ce domaine, à noter avec cette version (Karmic) le tout nouveau service ‘Ubuntu One’ : une synchronisation de ses paramètres/données ‘in the Cloud’ !

    la raison de l’insuccès de Linux dans le grand public, c’est plutôt le glacis imposé par la vente liée (cf http://www.racketiciel.info/ pour + d’infos) et non ses qualités intrinsèques.

  3. netking dit :

    Mais j’adore Linux :-) Il n’empêche que pour un utilisateur « lambda » habitué à Windows, l’adaptation reste un peu compliquée (gestion des paquets synaptics, applis différentes, gestion de fichiers également différente).

    Pour avoir essayer de l’installer chez des utilisateurs (surtout pour ne pas avoir à réparer leur Windows tous les 15 jours), j’ai constaté que l’adaptation était loin d’être évidente, alors que pour le geek que je suis, ça me parait plus simple.

    Par contre, pour MacOS c’est très différent : les gens s’y habituent quasi intuitivement. Mais bon, certes, Mac OS a l’avantage énorme de tourner sur une plateforme fermée et propriétaire : pas de problèmes de drivers par exemple.

    Mais s’il semble évident que Linux aura un jour le même niveau de « user friendlyness », il n’en restera pas moins un système très ouvert, donc forcement plus susceptible d’être bidouillé.

    En clair, si un utilisateur mac lambda n’ouvrira jamais l’application terminal, un utilisateur linux sera toujours forcé, à un moment ou a un autre, de passer par un terminal pour réaliser une action.

  4. Etilem dit :

    Linux n’est plus du tout un OS de bidouilleurs : c’est un système majoritairement utilisé pour les serveurs dans bien des domaines et qui progresse à grande échelle pour les postes utilisateurs (cf par exemple cet article amusant : http://www.slate.fr/story/9845/liberez-nos-ordis-de-bureau), supprimez d’un coup de baguette magique les logiciels libres, et c’est tout Internet qui s’effondre dans la minute.

    A propos de synaptics, qui est une logithèque fournie avec le système (comprendre : une grande quantité de logiciels variés prêts à l’installation en quelques clics, un peu similaire à ceci : http://allmyapps.com/), que reste-t-il comme choix à l’utilisateur windows une fois son système installé : wordpad ? freecell ? windows update ? télécharger.com ? emule pour le crack pour DreamWeaver ?

    Il est très étrange d’affirmer que Linux atteindra un jour le niveau de Mac OSX, alors que c’est Apple qui est venu chercher une base solide pour son système dans le monde Unix dont est issu Linux, non ? ;)

    Enfin, je ne vois qu’un seul énorme avantage à favoriser une plateforme fermée et propriétaire : il est commercial et Microsoft l’a bien compris depuis 20 ans !

    Quant à l’utilisation du terminal, elle reste puissante… et de plus en plus anecdotique de nos jours avec les progrès réalisés pour améliorer l’expérience utilisateur, ou remplacé par un outil graphique ad-hoc quand c’est possible… un peu comme l’appel à un « gars-qui-s’y-connait » sous windows : en effet, toute la configuration sous-jacente d’un Linux est gérée par des fichiers texte compréhensibles et souvent commentés dans le fichier lui-même, à mettre en parallèle avec la fameuse base de registre windows qui est un sac de noeuds bouffi de données binaires incompréhensibles.

    En conclusion, et pour ne pas ennuyer vos lecteurs, je citerai les mots d’un président d’association locale de sympatisants des logiciels libres il y a maintenant + de trois ans pour commencer son rapport moral : « Le monde du libre a gagné »… je dois dire que ça m’a scotché ! :)

  5. netking dit :

    Encore une fois, je suis complètement d’accord sur de nombreux points : l’hégémonie de LAMP, de LVS et autres IPTables dans le monde des serveurs, les efforts faits niveau interface utilisateur…

    Il n’en reste pas moins que, et vous le dites vous même, la gestion de la configuration reste assez cryptique pour l’utilisateur lambda (ils s’agit de fichiers texte certes, mais reste que les problèmes de dépendances, de reload des daemons et autres subtilités sont tout de même réservées aux initiés).

    S’il est plus logique et sain que Windows, Unix n’en reste pas moins complexe.

    Concernant MacOS, bien sûr qu’il est basé sur Unix et c’est tant mieux, mais il n’en reste pas moins beaucoup plus simple et intuitif pour l’utilisateur lambda, tout en bénéficiant de la puissance d’Unix pour l’utilisateur avancé. J’apprécie notamment de pouvoir me connecter en SSH ou monter une config locale directement depuis mon bureau mac, tout en ayant accès à des logiciels « indispensables » comme Photoshop par exemple (je vous vois déjà venir avec Gimp ou Wine, mais bon, Photoshop sous MacOS ça reste quand même une sacrée référence d’ergonomie).

  6. Etilem dit :

    nous sommes donc au moins entièrement d’accord sur un point : c’est l’utilisateur qui doit être maître de sa machine et non la machine qui doit le limiter dans ses choix ! ça passe par l’innovation, le grain de folie dans la sagesse !

    malheureusement pour la grande majorité des consommateurs, je ne pense pas que se soit la priorité de windows seven, qui est, comme vous le relevez très justement, de pérenniser une situation de monopole de fait :(

    p.s.: je corrige les liens précédents à cause des parenthèses : http://www.slate.fr/story/9845/liberez-nos-ordis-de-bureau et http://allmyapps.com

  7. Gosseyn dit :

    Bonjour,

    Le discours sur le thème « Linux est-il prêt pour le desktop ? » est encore et toujours d’actualité, quoi qu’on en dise. Certes, certaines distributions Linux, et en particulier Ubuntu et ses variantes, ont beaucoup fait pour rendre Linux « user-friendly » et facilement installable, mais Linux a encore un problème pour être capable de remplacer Windows et MacOS : Linux n’est encore utilisé principalement que par des gens qui s’intéressent à l’informatique. Le jour où Linux sera utilisé par des personnes n’ayant aucune connaissance en informatique et souhaitant ne pas en avoir, et ceci de manière totalement transparente, alors Linux aura franchi un pas beaucoup plus important.

    A mon sens, Linux souffre de plusieurs défauts qui lui collent à la peau (mais qui peuvent être également des qualités, selon le point de vue) :
    - Interface non unifiée, ce qui rend Linux difficilement identifiable par l’utilisateur moyen. On pourra rétorquer que MS-Windows, dans ses différentes versions, a aussi beaucoup modifié son interface, mais ceci s’est fait historiquement, et non parallèlement avec différents projets concurrents. En revanche, MacOS, qui attire assez peu les geeks férus de personnalisation de leur environnement, est d’une stabilité étonnante en ce qui concerne l’interface, celle-ci n’ayant pratiquement pas changé depuis les origines (version X au moins).
    - Environnement graphique et Framework non unifiés, ce qui rend le concept même d’application sous Linux inexistant, une application étant un programme ainsi que ces ressources, n’est visible pour l’utilisateur que sous forme d’icône (de raccourci) dans l’interface graphique. Le manque d’unification de l’environnement est un frein aux développeurs professionnels pour proposer des programmes compatibles Linux. Ceci explique en partie le manque d’applications commerciales sous Linux, tandis qu’Apple propose un kit de développement standard pour son système, permettant aux différents acteurs du marché de proposer leurs solutions logicielles pour Mac sans trop de difficulté.
    - L’utilisateur ne peut pas facilement installer/effacer/déplacer des programmes comme on peut le faire sous MacOS, sans passer par les outils mis à disposition par la distribution Linux. La notion d’application sous Linux n’est qu’un accès verrouillé à un programme pré-installé par la distribution. L’utilisateur qui veut installer de nouveaux programmes doit obligatoirement passer la gestion des paquets de la distribution qu’il a installée, faute de quoi, c’est mission impossible s’il ne possède pas des notions d’administration Linux. En ce sens, Linux tend à verrouiller l’accès aux applications installées sur l’ordinateur, afin de que l’utilisateur ne puisse se substituer à l’administrateur et ne soit qu’un consommateur de la bibliothèque de logiciels libres qu’on aura bien voulu mettre à sa disposition. C’est une vision très unixienne et rétrograde des choses, qui n’est pas du tout en adéquation avec l’utilisation moderne d’un ordinateur. Dans le cadre d’une utilisation personnelle, un ordinateur est généralement mono-utilisateur et l’utilisateur en est aussi l’administrateur. Linux est trop cloisonné pour un utilisateur standard. Il conviendrait davantage, paradoxalement, dans le cadre d’une utilisation en entreprise, ou l’utilisateur de la machine n’en est pas l’administrateur.

    Mais ceci n’est pas le fruit du hasard, car les acteurs du monde Linux ne veulent pas que les logiciels commerciaux puissent se répandre sur Linux, et veulent garder la main mise sur cet environnement, en faisant le laboratoire du logiciel libre. Tant que cette situation durera, Linux ne pourra jamais prendre toute la place qu’il mérite sur le desktop et concurrencer efficacement Microsoft et Apple. Dans le monde des serveurs, en revanche, c’est très différent…

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